Octobre 2007
La vérification des systèmes en développement de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a été jugée prioritaire dans le Plan de vérification pluriannuel axé sur les risques de l'ASFC. Le Comité de la vérification interne et de l'évaluation a approuvé ce plan le 17 mars 2005.
Le principal objectif de cette vérification consistait à donner à l'ASFC l'assurance que ses pratiques et procédures intégrées de gestion de projets et d'élaboration de systèmes visant les systèmes opérationnels automatisés en développement respectent les politiques et procédures internes établies par l'ASFC. Un autre objectif dans le cadre de cette vérification consistait à chercher des occasions d'apporter des améliorations aux politiques et aux procédures internes actuelles de l'ASFC au chapitre de la gestion de ses systèmes en développement.
La vérification a été divisée en trois phases. La phase 1, ayant fait l'objet d'un rapport en février 2007, a permis de présenter une évaluation de la pertinence et de l'efficacité du cadre de contrôle de gestion actuel de l'ASFC. Les phases 2 et 3 permettent d'évaluer dans quelle mesure le cadre de contrôle de l'ASFC touchant les projets d'élaboration de systèmes est respecté comme il convient, c'est-à-dire de façon efficace et appropriée, pour les deux projets d'élaboration de systèmes sélectionnés. Le présent rapport présente les constatations de la phase 3 de la vérification, laquelle avait pour objet d'examiner le cadre de gestion touchant le développement d'un projet d'élaboration d'un système sélectionné : la cotation des risques fondée sur l'Information préalable sur les voyageurs/Dossier du passager (IPV/DP). La vérification a été effectuée par Interis Conseils.
La cotation des risques fondée sur l'IPV/DP est un élément du système d'information sur les voyageurs. Il s'agit d'un projet pluriannuel de plusieurs millions de dollars lancé dans le cadre de la Déclaration sur la frontière intelligente visant à améliorer le traitement des passagers aériens. Le but recherché dans le cadre de l'IPV/DP consiste à fournir à l'ASFC des processus et des outils de gestion des risques plus efficaces de sorte qu'elle puisse évaluer les risques que présentent des voyageurs aériens (en particulier ceux qui présentent un risque élevé ou inconnu) avant leur arrivée dans un aéroport international canadien. Les travaux préparatoires sur l'IPV/DP ont débuté avant la création de l'Agence, en tant qu'initiative amorcée conjointement par l'ancienne Agence des douanes et du revenu du Canada (Direction générale des douanes), Citoyenneté et Immigration Canada et le U.S. Customs and Border Protection (CBP). La vérification a permis de traiter les composantes de la cotation des risques et du partage des données mis en œuvre en juin 2006.
Les travaux de vérification exécutés lors de la phase 3 nous ont permis de constater que le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaboré conformément aux politiques, procédures et méthodes de l'ASFC en œuvre à l'époque, et que l'application fonctionne comme prévu. De nombreuses observations à la phase 1 de la vérification ont été faites à l'appui des travaux de vérification exécutés à la phase 3. En outre, la vérification nous a permis de constater que, depuis le moment où le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaboré, nombre de nouveaux processus et pratiques de régie ont été développés et mis en œuvre dans le cadre de projets plus récents.
La vérification nous a permis de constater un certain nombre de points forts touchant le processus d'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP, notamment un cadre de régie stable et l'utilisation d'une stratégie judicieuse d'élaboration des systèmes. Étant donné que le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP est un programme d'élaboration développé conjointement avec le U.S. CBP, le cadre et la structure de régie, les besoins communs des utilisateurs, de même que le protocole d'entente ont été établis en bonne et due forme et approuvés par les représentants principaux du U.S. CBP et de l'ASFC. Une évaluation des facteurs relatifs à la vie privée a été réalisée et transmise au Commissariat à la protection de la vie privée du Canada. Des recommandations touchant des préoccupations relatives à la vie privée ont été mises en œuvre. La stratégie d'élaboration de systèmes comprend les activités suivantes, lesquelles devraient faire partie de tout projet d'élaboration de systèmes :
Même si de nombreuses constatations dans le cadre de la vérification de la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP sont les mêmes que celles signalées dans le rapport de vérification de la phase 1, d'autres secteurs de contrôle ont été indiqués à la phase 3, lesquels pourraient être renforcés au niveau du projet, notamment :
La vérification des systèmes de l'Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) en développement a été jugée prioritaire dans le Plan de vérification pluriannuel axé sur les risques de l'ASFC. Le Comité de la vérification interne et de l'évaluation a approuvé ce plan le 17 mars 2005.
Le principal objectif de cette vérification consistait à donner à l'ASFC l'assurance que ses pratiques et procédures intégrées de gestion de projets et d'élaboration de systèmes visant les systèmes opérationnels automatisés en développement respectent les politiques et procédures internes établies par l'ASFC. Un autre objectif dans le cadre de cette vérification consistait à chercher des occasions d'apporter des améliorations aux politiques et aux procédures internes actuelles de l'ASFC au chapitre de la gestion de ses systèmes en développement.
En vue de réaliser ces objectifs, le plan de vérification interne a été divisé en trois phases.
Le résultat attendu de la vérification pour la phase 1 consistait à :
Le résultat attendu de la vérification pour les phases 2 et 3 consistait à :
L'étendue de cette vérification consistait à évaluer la phase II de l'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP et non l'efficacité de l'application en soi. Étant donné la stratégie à étapes multiples, adoptée dans le cadre du programme lié à l'IPV/DP, la plupart des travaux touchant la planification et la détermination de l'étendue, de même que l'établissement des exigences touchant la totalité du programme (y compris la phase II sur la cotation des risques) ont été achevés à la phase I. L'étendue de la vérification comprenait la totalité de l'activité d'élaboration ayant une incidence sur la phase II du projet de cotation des risques sans tenir compte de la phase où elle avait été pratiquée.
Les critères de vérification ont été élaborés en fonction d'éléments de risque inhérents à des projets d'élaboration de systèmes, de même que des tendances dans le secteur public au chapitre de la régie efficace des cycles de vie de projets d'élaboration de systèmes. Un ensemble détaillé de critères a été établi en tenant compte des principaux éléments pouvant avoir une incidence importante sur des projets d'élaboration de systèmes au gouvernement du Canada (GC) : structure et processus de gestion, politiques et normes touchant les cycles de vie de projets d'élaboration de systèmes, de même que la planification, les processus et les procédures d'acquisition. Des critères de vérification détaillés ont été utilisés pour évaluer les pratiques de l'ASFC.
Au cours de la planification initiale de la vérification, nous avons constaté que les projets d'élaboration de systèmes opérationnels à l'ASFC étaient essentiellement exposés à des risques étant donné les circonstances suivantes :
Les principaux secteurs de contrôle visant à atténuer les risques inhérents ont été déterminés à l'aide du Cadre amélioré de gestion du Secrétariat du Conseil du Trésor du Canada (SCT) et du Cadre des objectifs de contrôle dans le domaine de l'information et des technologies connexes (CobiT) de l'IT Governance Institute. Les critères de vérification ayant servi à évaluer initialement l'ensemble des pratiques opérationnelles de l'ASFC, ses processus de contrôle et de régie généraux touchant ses projets de systèmes en développement ont été répartis en six catégories, soit :
Les critères de vérification figurent à l'Annexe A.
La stratégie et les méthodes étaient axées sur les risques et conformes aux politiques de vérification interne du SCT. La vérification a été effectuée conformément à un programme de vérification, lequel précisait les tâches de vérification permettant d'évaluer chaque critère. Des entrevues et l'examen de documents nous ont permis d'évaluer les pratiques actuelles en fonction des critères et d'évaluer formellement l'efficacité de chaque pratique.
Des entrevues ont été menées avec des représentants des directions générales de l'innovation, des sciences et de la technologie, de l'exécution de la loi, du contrôle et des opérations.
La vérification sur place a été effectuée entre juillet et octobre 2006 pour ce qui est de la phase 3.
Les résultats de la vérification de la phase 1 ont fait l'objet d'un rapport en février 2007. Un certain nombre de points forts ont été constatés à l'égard des contrôles sur des systèmes en développement, lesquels peuvent servir d'assise à la conception d'un CCG stable, notamment une structure de régie et un cadre de gestion de projets. En raison de la réorganisation qui avait été opérée depuis peu à l'Agence, de nombreux processus étaient encore à l'étape initiale de leur élaboration et ils n'avaient pas encore fait leur preuve. De nouveaux comités étaient en cours de formation, les rôles et les responsabilités étaient en voie d'être précisés et des éléments à réaliser en particulier étaient en voie d'être dégagés. Ces activités nous indiquent que l'Agence fait des progrès au chapitre du contrôle de ses systèmes en développement.
Les grands secteurs de contrôle devant être consolidés ont été soulignés dans le rapport de vérification de la phase 1, à savoir :
La direction a examiné la phase 1 du rapport de vérification et a établi des plans d'action de la direction de façon à traiter des recommandations de la vérification et la date prévue de mise en œuvre de chaque mesure.
L'objet de ce document consiste à présenter les constatations de la phase 3 de la vérification.
Dans la foulée des attaques terroristes du 11 septembre 2001, le Canada et les États-Unis ont signé en décembre 2001 la Déclaration sur la frontière intelligente, également connue sous le titre de « Plan d'action Manley-Ridge en 30 points ». La Déclaration sur la frontière intelligente compte un plan d'action en 32 points, lequel prévoit une collaboration continue permettant de déterminer les risques relatifs à la sécurité et d'y donner suite, tout en accélérant de façon efficiente la circulation des personnes et des marchandises légitimes à la frontière canado-américaine. Le U.S. Customs and Border Protection (CBP) était le principal responsable de 11 des 32 éléments liés aux initiatives du plan d'action. De son côté, l'ASFC était chargée d'élaborer au Canada un programme parallèle relatif à l'IPV/DP correspondant à celui élaboré aux États-Unis.
Dans le cadre de la Déclaration sur la frontière intelligente, le Canada et les États-Unis ont exprimé leur volonté d'utiliser une technologie novatrice permettant d'identifier plus efficacement les personnes présentant un risque élevé (Initiative d'identification des voyageurs à risque élevé). En exprimant cette volonté, les deux pays ont convenu de partager les données touchant l'IPV et le DP, et d'envisager des moyens de déterminer les risques que présentent des voyageurs à bord de vols internationaux à destination de l'un de ces deux pays. L'initiative, dont la gestion incombait à l'ancienne Agence des douanes et du revenu du Canada (Direction générale des douanes), à Citoyenneté et Immigration Canada et au U.S. CBP, comprenait deux parties, à savoir :
La présente vérification consistait à examiner le projet d'élaboration de systèmes visant la deuxième partie de l'initiative, soit la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP.
L'IPV/DP a été l'une des plus importantes priorités dans le cadre de l'engagement de l'ASFC et du GC concernant la protection de la frontière. Bien qu'il ait été conçu avant les événements du 11 septembre 2001, le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP est devenu une priorité pour le GC par suite de ces événements.
Le but recherché dans le cadre de l'IPV/DP consiste à fournir à l'ASFC des processus et des outils de gestion des risques plus efficaces de sorte qu'elle puisse évaluer les risques que présentent des voyageurs aériens (en particulier ceux qui présentent un risque élevé ou inconnu) avant leur arrivée dans un aéroport international canadien. Cette initiative permet aux agents de l'ASFC de recevoir des données sur les voyageurs aériens avant leur arrivée au Canada. Les transporteurs aériens transmettent les données sur le DP (en format électronique) pour chaque vol à destination du Canada à l'heure du départ ou des États-Unis en moins d'une demi-heure du départ du vol. L'IPV et d'autres données pertinentes permettent aux agents d'analyser l'information. En outre, les agents peuvent identifier les voyageurs aériens à risque à l'aide d'un outil automatisé de ciblage et d'évaluation des risques de sorte qu'ils soient l'objet d'un examen approfondi à leur arrivée au Canada.
L'IPV/DP est un élément du système d'information sur les voyageurs. Il s'agit d'un projet pluriannuel de plusieurs millions de dollars lancé dans le cadre de la Déclaration sur la frontière intelligente visant à améliorer la circulation des passagers aériens en prenant les mesures en vue de la réception et de l'analyse des renseignements sur les voyageurs avant leur arrivée au Canada.
Le système relatif à l'IPV/DP a été élaboré en même temps que celui du U.S. CBP. Ce système s'inspirait d'un document portant sur les exigences communes, lesquelles devaient être mises en œuvre et suivies par chacun des organismes des services frontaliers canadiens et américains.
Au moment où la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaborée, la structure organisationnelle de l'ASFC et de la Direction générale de l'innovation, des sciences et de la technologie (DGIST) [ 1 ] était la suivante :
ASFC / Innovation, Sciences et Technologie - Structure organisationnelle

Selon cette structure, un gestionnaire de projet de la Direction de la conception et de l'élaboration de projets importants (CEPI) et un gestionnaire de projets de la TI des Systèmes des services frontaliers assuraient la gestion du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP dont la responsabilité incombait à la Direction générale de l'exécution de la loi. En outre, il s'est produit des changements au chapitre de l'effectif de l'équipe de la DGIST dans les Directions générales.
L'Agence et la DGIST ont été soumises à de nombreuses pressions durant la période d'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP. Les activités de l'Agence dépendent en grande partie des systèmes et techniques d'information, lesquels sont élaborés, mis en œuvre et administrés par la DGIST. L'étendue d'une activité d'élaboration de systèmes à l'ASFC est importante; les dépenses annuelles en matière d'élaboration et de maintenance des systèmes, d'infrastructure et de technologie connexes devraient être de l'ordre de 150 à 250 millions de dollars au cours des prochaines années. Par suite des attentats terroristes de septembre 2001, le GC a amorcé un nombre considérable d'initiatives liées à la sécurité dans le cadre de l'initiative de la sécurité publique et l'antiterrorisme (SPAT) et de la Déclaration sur la frontière intelligente afin de prendre en compte les préoccupations accrues concernant la sécurité en Amérique du Nord, ce qui a donné lieu à une élaboration accélérée d'initiatives. Cela a eu pour effet d'exercer une pression sur un certain nombre de projet d'élaboration de systèmes, notamment le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP.
Le financement du programme relatif à l'IPV/DP a été assuré grâce à l'enveloppe de financement du projet Manley-Ridge. Même si un budget n'avait pas été officiellement établi pour le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP, la Direction de la planification stratégique et de l'intégration avait évalué que les coûts d'élaboration se seraient élevés à environ 4,87 millions de dollars [ 2 ]. Cette estimation de coûts comprend toutes les dépenses de l'ASFC liées à l'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP et au partage des données pour la période allant des exercices 2003-2004 à 2006-2007.
La phase II du projet touchant la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été mise en œuvre en juin 2006. Le Centre national d'évaluation des risques (CNER), son principal utilisateur, se sert activement du système. Le CNER émet des avis de surveillance dans les points d'entrée tant au Canada qu'aux États-Unis qui facilitent le partage d'information et de renseignements entre les partenaires pour l'identification des voyageurs à risque élevé avant leur arrivée à la frontière. Le perfectionnement de l'IPV/DP visera la conception d'interfaces permettant de consolider le processus d'échange de données de l'immigration et la fonction d'analyse des données.
Les travaux de vérification exécutés à la phase 3 nous ont permis de constater que la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaborée conformément aux politiques, procédures et méthodes de l'ASFC en œuvre à l'époque, et que l'application fonctionne comme prévu. Néanmoins, il est possible de consolider les processus d'élaboration de systèmes utilisés dans le cadre de la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP afin de doter les futurs projets d'élaboration de systèmes de processus appropriés de régie, de gestion des risques et de contrôle.
Nombre de nouveaux processus et pratiques de régie ont été développés et mis en œuvre dans le cadre de projets plus récents depuis le moment où la phase II du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaboré. En outre, nombre des observations faites à la phase 1 de la vérification ont servi de base à la présente vérification de la phase 3. Selon des plans d'action de la direction élaborés par suite des recommandations formulées à la phase 1 de la vérification, un grand nombre de secteurs de vérification devant être renforcés ont été examinés récemment ou sont en voie de l'être.
Le détail des constatations de la vérification est décrit ci-après.
La vérification nous a permis de constater que la méthodologie dans le développement des systèmes de l'ASFC a été employée à toutes les phases du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP. Les principales activités suivantes ont été déployées :
Le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été élaboré au moyen de la méthodologie reconnue dans l'industrie, soit le Processus rationnel unifié (PRU). Il s'agit d'un processus itératif permettant d'exécuter la conception et la version définitive [ 3 ]. La vérification a permis d'examiner divers documents établissant d'excellentes pratiques d'élaboration touchant la solution technique, comme il est prévu dans le cadre de tout processus d'élaboration de systèmes. La conception du système a été décrite dans un document sur l'étendue du projet, un document sur le processus relatif à l'étape de lancement et un document sur les exigences organisationnelles de haut niveau. Les besoins des utilisateurs ont été clairement décrits et étayés de documents dans des cas d'utilisation opérationnelle. Les besoins ont ensuite été indiqués dans un document sur la conception des composants du système et des cas d'utilisation de système à l'intention des développeurs. Nombre de documents préparés pour l'IPV/DP ont été élaborés au moyen de modèles, lesquels ont été remplacés depuis par de nouveaux modèles; toutefois, les principaux objectifs des documents demeurent les mêmes. Des personnes clés de la DGIST ont participé à la conception initiale et aux étapes d'élaboration. Le groupe d'architecture d'entreprise a collaboré avec le groupe d'architecture des opérations à la Direction de la CEPI en vue de définir les besoins et d'examiner la faisabilité de la solution technique.
Les besoins des utilisateurs ont été définis grâce à la participation des principaux intervenants, notamment le U.S. CBP. La Direction de la CEPI a assumé un grand rôle au chapitre de la détermination des principaux besoins et priorités. Or, des séances conjointes d'élaboration et d'application ont été tenues avec des représentants de la Direction générale de l'exécution de la loi et du U.S. CBP en vue de rédiger des cas d'utilisation opérationnelle. Le Secteur du renseignement et du programme de la contrebande de la Direction générale de l'exécution de la loi a fourni l'orientation fonctionnelle et l'expertise en la matière aux fins du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP. La vérification nous a permis de constater que les besoins opérationnels sont mieux définis en grande partie grâce à des communications par courriel et à la mise à jour des documents relatifs au projet. Afin d'apporter des améliorations au processus de définition des besoins des utilisateurs, la DGIST s'est dotée « d'architectes de convivialité » qui examinent l'interface et la façon dont les utilisateurs se servent du système. Les besoins des utilisateurs peuvent alors être mieux définis de sorte que le système leur soit plus fonctionnel.
La mise à l'essai de la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP a été effectuée dans un certain nombre d'environnements d'essai avant la mise en œuvre. Des essais de mise au point ont été effectués par le groupe de la TI et comprenaient des essais sur l'intégrité des données et des bases de données, sur des fonctions, sur le cycle des activités et sur l'interface-utilisateur. Des cas types ont été décrits, des échéanciers ont été établis, des ressources ont été affectées et les résultats des essais ont été documentés et résumés. Une fois les essais de mise au point accomplis, la Direction de la CEPI a fait des essais d'intégration des systèmes, des essais d'acceptation par l'utilisateur (client) et des essais opérationnels. Des personnes à l'extérieur de la Direction de la CEPI, notamment celles du CNER, avaient été invitées à participer aux essais d'acceptation en question.
En règle générale, une fois l'élaboration et la mise en œuvre menées à bonne fin, l'application des systèmes est passée du groupe de l'élaboration à celui de la production, et transférée au groupe d'Exploitation des systèmes à la Direction de la CEPI pour un appui continu. Le transfert fait l'objet d'un contrôle efficace grâce à des procédures de gestion des versions. Au moment de la vérification, le projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP n'avait pas encore été transféré à l'Exploitation des systèmes. Il s'agit d'une pratique courante à la DGIST de garder un projet d'élaboration de systèmes sous le contrôle du groupe d'élaboration pendant à peu près un an après la mise en œuvre de façon à vérifier s'il y a des problèmes opérationnels initiaux avant le transfert au groupe d'Exploitation des systèmes.
Des plans de mise en œuvre ont été élaborés et gérés par la Direction de la CEPI, en collaboration avec le CNER, de sorte que des utilisateurs internes, principalement le CNER, et des transporteurs aériens externes reçoivent le soutien dont ils avaient besoin. Des processus ont été mis en place et des ressources ont été affectées en vue de consigner et de faire le suivi des questions sur les systèmes et les problèmes particuliers à l'IPV/DP. Les utilisateurs finaux ont reçu une formation sur l'utilisation de la cotation des risques fondée sur l'IPV/DP selon des documents de formation officiels préparés au cours de l'élaboration du processus. La formation et la tenue à jour des documents de formation incombent au CNER en tant que principal utilisateur du système de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP.
Les transporteurs aériens avaient l'obligation légale de fournir des éléments de données particuliers, définis conjointement par l'ASFC et le U.S. CBP. Ces éléments de données ont été examinés par le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada et par l'Union européenne de sorte que la législation tant canadienne qu'européenne soit respectée. Des communications avec la communauté de transporteurs aériens externes ont été maintenues pendant toute la durée du processus d'élaboration visant la composante de saisie de données afin que les données nécessaires soient fournies dans le format requis par le système de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP. Un processus officiel a été mis en place afin que les transporteurs aériens puissent faire l'essai de leur interface permettant de transmettre les données par voie électronique.
Une structure et des processus officiels ont été élaborés pour appuyer les utilisateurs internes et les transporteurs aériens externes. Un centre d'appel permet de documenter et de résoudre les problèmes des transporteurs aériens. Ces derniers peuvent appeler un numéro sans frais pendant les heures de travail normales. Les transporteurs qui transmettent les données IPV/DP par voie électronique ont l'appui du centre d'appel de la DGIST à titre de soutien de première ligne pour les problèmes touchant la transmission des données. S'il y a lieu, le centre d'appel transmet les problèmes à l'échelon supérieur du groupe des services technologiques chargé du contrôle de l'interface externe.
L'autorité, la responsabilité et la responsabilisation dans le cadre du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP ont été précisées dans la charte de projet touchant l'initiative d'identification des voyageurs à risque élevé. La charte de projet a été élaborée conjointement avec le U.S. CBP sur une période allant de novembre 2002 au 21 avril 2004. La charte de projet a été initialement approuvée par l'ASFC et le U.S. CBP en mai 2003; des révisions ont été faites ultérieurement pour tenir compte des changements requis à mesure que le projet prenait forme dans le cadre d'un accord d'élaboration bilatéral.
Outre la charte de projet, une structure de régie a été précisée pour l'IPV/DP dans le cadre de régie de l'initiative d'identification des voyageurs à risque élevé, lequel a été développé au cours de la période allant du 30 juillet 2003 au 3 mars 2004. La structure de régie a été créée en fonction des commentaires reçus de divers organismes pertinents, notamment la Direction générale des douanes et Immigration Canada (avant la création de l'ASFC), la Direction de la contrebande et du renseignement et la Direction de la CEPI. La structure englobe des précisions sur les cadres responsables, le groupe de travail chargé de l'IPV/DP (rôle du comité directeur), le groupe de gestion de projets, les membres de l'équipe de projet. Elle donne également un aperçu des rôles et responsabilités respectifs de ces personnes, des responsabilités touchant les prises de décisions, du responsable et l'homologue des communications bilatérales et de la liaison aux États-Unis et du processus de règlement des différents. La structure de régie a été approuvée par des représentants des organismes suivants :
La Direction générale de l'exécution de la loi a été désignée comme le parrain principal du projet alors que la Direction de la CEPI était chargée de diriger le projet d'élaboration. Au début du projet, la Direction générale de l'exécution de la loi a participé activement à la définition des besoins des usagers dans des cas d'utilisation opérationnelle. Cependant, le parrainage et la participation des unités fonctionnelles a diminué à mesure que les travaux avançaient dans le cadre du projet.
En raison des multiples demandes incompatibles à la Direction générale de l'exécution de la loi, la participation à titre de parrain a été perçue comme un conflit constant. Comme c'est le cas pour tous les projets d'élaboration, la DGIST et les parrains ont l'autorité et la responsabilité de prendre des décisions touchant le projet d'élaboration. En raison de demandes formulées auprès de la responsable, la Direction de la CEPI a assumé la direction du projet jusqu'à la fin en ayant l'autorité nécessaire pour le développement global et les ressources lui permettant d'achever le projet. Selon l'ancienne structure, la Direction de la CEPI faisait partie du groupe des opérations et le représentait. En outre, elle assumait la responsabilité globale à l'égard de l'élaboration de systèmes. Des répondants ont indiqué que la Direction de la CEPI a assumé la responsabilité de prendre certaines des décisions touchant l'élaboration afin de respecter l'échéancier d'exécution du projet. Dans des directions générales qui parrainent le projet, certains cadres supérieurs rencontrés ont dit qu'ils n'avaient pas suffisamment pris part au processus d'élaboration en raison, principalement, de priorités concurrentes et d'autres engagements opérationnels. Il fallait prendre rapidement des décisions et les parrains n'avaient pas toujours le temps d'intervenir. Cela a été fait pour assurer la gestion d'un cadre de travail où de nombreux projets étaient en cours en même temps et d'un grand nombre de demandes supplémentaires auxquelles l'Agence faisait face de façon à exécuter son mandat.
À mesure que les travaux du projet avançaient, des directions générales qui parrainent le projet ont pris une part plus active aux activités en donnant une orientation des politiques (p. ex. la politique sur les questions relatives à la vie privée et le processus à suivre pour transmettre au U.S. CBP l'information de nature délicate). Également, des décisions devaient être prises lors de réunions bimensuelles de l'équipe de projet et consignées dans des comptes rendus au fur et à mesure de l'avancement du projet. Indépendamment de la charte de projet officiel et des documents touchant la structure de régie et l'étendue, l'approbation des décisions par les responsables aux principales étapes de l'élaboration du projet n'a pas été étayée de documents en bonne et due forme. Il est important d'obtenir le soutien du parrain et d'en donner le détail de sorte que les travaux d'élaboration continuent de satisfaire aux exigences du parrain et qu'ils puissent apporter les avantages prévus.
Dans le rapport de vérification de la phase 1, il était recommandé que la DGIST poursuive ses plans visant à élaborer des processus permettant d'assurer la participation active des directions générales qui parrainent le projet au processus d'élaboration de systèmes. La direction a indiqué que des processus seraient élaborés, de même qu'une stratégie de gestion du changement, lesquels seraient approuvés par la direction générale qui parraine le projet, comme il convient.
Comme il a été indiqué dans le rapport de vérification de la phase 1, un cadre de gestion de projets (ou cycle de vie) visant la gestion des systèmes en développement est en cours d'aménagement; des améliorations y sont apportées grâce à des outils de soutien et à des modèles de mise en œuvre. Ce cadre de travail n'était pas aménagé au moment de l'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP. Toutefois, une méthodologie d'élaboration, dotée d'étapes précises et harmonisée étroitement au cadre en cours d'élaboration, a été adoptée et suivie.
Le rapport de vérification de la phase 1 a indiqué des secteurs où il serait possible d'apporter des améliorations au cadre de gestion de projets. Les travaux de vérification effectués à la phase 3 viennent à l'appui de ces conclusions antérieures. Les observations suivantes ont été faites au chapitre des pratiques de gestion touchant l'élaboration du projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP :
Dans le rapport de vérification de la phase 1, il était recommandé que la DGIST poursuive ses plans visant à mettre en œuvre un processus de sorte que les jalons soient clairement définis, que la concrétisation des avantages soit examinée et documentée à chaque jalon. La direction a indiqué que de tels processsus seraient mis en œuvre. Une recommandation a également été faite en ce qui touche à l'élaboration d'un processus d'analyse de rentabilisation. À cet effet, la direction a précisé qu'un processus serait adopté.
| Plan d'action de la direction | Date d'achèvement |
|---|---|
| La direction procède à la mise au point du calendrier principal intégré des projets et travaille en collaboration avec les équipes de projet et des autres intervenants. | Novembre 2007 |
| La direction élabore une stratégie officielle de gestion du changement qui comprendra l'établissement d'un conseil de contrôle officiel de la gestion du changement. | Décembre 2007 |
Un processus officiel de gestion des risques liés à un projet comprend la détermination, l'analyse, l'atténuation et la surveillance des risques pouvant compromettre la réussite d'un projet au chapitre de la qualité du produit, de l'échéance et des coûts. Les conséquences éventuelles associées aux risques liés aux projets et au niveau de tolérance de l'exposition au risque devraient faire l'objet de discussions afin de déterminer l'intervention officielle à l'égard du risque (écarter, atténuer, assumer ou transférer/rapporter l'élément de risque aux échelons supérieurs). L'équipe de projet pourrait évaluer si les risques sont acceptables ou non et indiquer ce qui pourrait être fait pour les éliminer ou en assurer une meilleure gestion. Un processus officiel de renvoi aux échelons supérieurs pourrait faire en sorte que la haute direction participe aux discussions touchant les risques en temps opportun.
Pour ce projet de cotation des risques fondée sur l'IPV/DP la vérification nous a permis de constater que les risques étaient examinés de façon non officielle au jour le jour, mais qu'ils n'étaient pas convenablement documentés. Des répondants nous ont informés que les risques déterminés étaient indiqués au gestionnaire de projet visé au cours de réunions périodiques. Des comptes rendus des réunions périodiques sur le projet étaient dressés à l'appui des documents sur le risque et des mesures prises. Un registre des questions liées au projet était tenu à jour pour ce projet de façon à surveiller les problèmes liés à la gestion du projet. Toutefois, un registre régulier sur les risques n'était pas tenu à jour pour le projet de façon à surveiller le niveau d'exposition au risque dans l'ensemble de l'Agence. Depuis la période d'élaboration du processus, un modèle de registre sur les risques a été élaboré afin de documenter les risques liés aux projets.
Dans le rapport de vérification de la phase 1, il était recommandé que la DGIST continue à déployer des efforts afin de mettre en œuvre une stratégie de gestion des risques à l'appui de la régie des projets importants et du cadre du cycle de vie des projets. La direction a indiqué qu'une telle stratégie serait mise en œuvre.
Une évaluation de la sécurité touchant le programme relatif à l'IPV/DP a été faite à l'aide du modèle approprié de sorte que les principaux aspects de la sécurité de la TI soient examinés uniformément pour tous les projets. Selon la documentation, il était difficile de savoir qui avait examiné et approuvé l'évaluation de sécurité. Les entrevues nous ont permis de constater que le processus pour effectuer des évaluations de la sécurité avait été examiné à l'ASFC par le groupe chargé de la sécurité de la TI à la DGIST et par le Bureau de la sécurité de l'Agence à la Direction générale du contrôle.
| Plan d'action de la direction | Date d'achèvement |
|---|---|
La Direction générale du contrôle et la DGIST mettront au point un processus exhaustif afin d'assurer que les évaluations de la menace et des risques des nouveaux projets ou des systèmes de TI englobent une évaluation de sécurité coordonnée qui puisse faire état des exigences des systèmes techniques de même que des considérations en matière d'information et la sécurité physique. Une fois élaboré, ce processus sera incorporé aux besoins du projet et fera également l'objet d'un contrôle au moyen du processus de gestion des projets. |
Premier trimestre de 2008-2009 |
Voici les critères de vérification utilisés pour la phase 3 :
| Catégorie de contrôle | Critères de vérification |
|---|---|
| Régie |
|
| Avantages pour l'organisation |
|
| Besoins des utilisateurs |
|
| Gestion du projet |
|
| Solution technique | La solution technique permet la mise en œuvre viable de la nouvelle technologie.
|
| Transformation des activités | Des processus et des procédures de régie adéquats sont en place pour atténuer les répercussions des changements sur les utilisateurs par suite de la mise en œuvre des nouveaux projets de développement de systèmes. Par exemple :
|